Répertoire d'activités visant la promotion de conduites non sexistes entre filles et garçons de maternelle et de primaire.
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Expérimentation 2003-2004. |
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EXPERIMENTATION POUR LA PROMOTION DES RAPPORTS EGALITAIRES ENTRE LES FILLES ET LES GARÇONS
Afin de parfaire l’adaptation
du répertoire d’activité qui avait été
initiée en 2002/2003, le Rectorat de Grenoble a-t-il souhaité
mener une vaste expérimentation académique du programme
en lien étroit avec la Délégation Régionale
aux Droits des Femmes et à l’Egalité de Rhône
Alpes. L’objectif de cette action était d’aboutir à
une validation finale du programme pour ensuite envisager une large diffusion
de celui-ci.
Ce sont les départements de la Haute-Savoie, de la Drôme
et de l’Isère qui ont mené cette expérimentation.
Quarante enseignants volontaires ont ainsi animé et évalué
la lisibilité des activités du répertoire au cours
de l’année scolaire 2003/2004.
Jacqueline Rivier-May, chargée de mission à l’égalité
des chances au Rectorat de Grenoble et Delphine Brun ont d’abord
défini les modalités de mise en œuvre de l’expérimentation
: chaque enseignant a renseigné un questionnaire détaillé
à la suite de chaque animation. Celui-ci portait sur la pertinence
de l’activité au regard du public ciblé et sur l’intérêt
que cela avait sucité chez les enfants. On l’invitait enfin
à faire part de ses suggestions pour améliorer l’outil.
Un planning d’expérimentation a également été
établi,
la première période d’expérimentation
allant du 1er janvier 2004 au 31 mars 2004 et
la seconde du 1er avril
2004 au 30 juin 2004. Pour chaque période, 13 activités
différentes étaient testées, permettant ainsi au
bout du semestre d’avoir une analyse détaillée de
l’ensemble des activités du programme.
Enfin, un comité de pilotage académique a été
constitué afin de suivre ces travaux. Il était composé
de la chargée de mission à l’égalité
des chances filles/garçons du Rectorat de Grenoble, des chargées
de mission départementales aux droits des femmes et à l’égalité
des Préfectures concernées par l’action, d’inspecteurs
d’éducation nationale, de conseillères pédagogiques
ainsi que d’associations travaillant sur la problématique
de l’égalité entre les genres.
QUELQUES CONCLUSIONS DE L'EXPERIMENTATION
Le fait que nombre de classes expérimentales soit mixte a permis
de vérifier la viabilité des activités auprès
d’élèves d’âges différents et donc
d’avoir une analyse plus fine de l’âge des enfants auxquels
elles devraient être destinées.
Ce type de programme s’intégre très bien au programme
scolaire comme le montre la multiplicité de temps de classe différents
qui ont été choisis par les enseigants pour animer ces activités.
Les enseignants ont pu aborder le sujet de l’égalité
entre les genres de manière adéquate grâce au support
que constitue « Les p’tits égaux
».
Auparavant, cette thématique n’était pas traitée
ou l’était de manière occasionnelle. Plusieurs enseignants
ont eu par le biais de ce programme l’envie de travailler davantage
en ce sens. Le répertoire leur a donné des idées
pour créer d’autres activités possibles.
Certains, suite aux animations, disent avoir réfléchi à
l’éducation sexuée des enfants. Aborder cette thématique
leur paraissait d’autant plus important qu’a lieu un débat
sur les vertus hypothétiques d’un retour à des classes
non mixtes.
D’autres professeurs ont été surpris des réactions
des enfants : leurs visions des métiers sont très stéréotypées,
ils ne s’autorisent souvent pas à jouer à des jeux
ou avec des jouets destinés à l’autre sexe.
Si le but de l’expérimentation n’était pas d’évaluer
l’impact du programme sur les représentations genrées
des enfants, on peut toutefois noter que certains enseignants ont remarqué
que filles et garçons jouaient à présent plus volontiers
ensemble.
Une sensibilisation des enseignants à la problématique des
rapports sociaux entre les femmes et les hommes compléterait idéalement
la mise en place de ce programme.
La plupart des activités "de mise en situation"
sont adaptées ; seules quelques questions de détail sont
à revoir.Les enfants se sont montrés interessés,
ont participé activement aux discussions et ont pu débattre
de thèmes qu’ils n’ont pas l’habitude d’aborder
en classe. Ils se sont sentis interpellés et ont pu découvir,
par exemple, d’autres modes de partage des tâches au sein
du couple parental.
Les activités traitant de sujets qui les touchent directement (
les sports, les loisirs, les jouets, les émotions ou le métier
qu’ils souhaiteraient exercer plus tard ) semblent être celles
qui les ont le plus marqué.
Le programme est cohérent auprès des enfants qui évoquent
des activités du programme quand une situation mettant en cause
les relations entre garçons et filles se présente dans la
classe.
Ils font également le lien entre les activités, et notamment
quant aux biographies : l’endurance de Peggy Bouchet rappelle aux
enfants celle d’Alexandra David Néel, l’engagement
de Lousie Michel fait écho à celui de Lucie Aubrac, etc.
Par contre la plupart des biographies ne sont pas adaptées au niveau
où elles sont proposées et méritent donc de s’adresser
à des élèves de classes supérieures. Le programme,
plutôt que de cibler des élèves de la grande section
de maternelle au CE2 pourrait donc s’étendre jusqu’au
CM2. Les enseignants pensent qu’il est en effet préférable
que ce type de programme puisse être proposé jusqu’à
la fin de l’école primaire.
Les enfants ont eu d’abord des difficultés à expliciter
les qualités des personnages illustres qui leur sont présentés
mais celles-ci se sont largement estompées lors du second volet
d’expérimentation.
L’absence de photographies ou de support vidéo aux biographies
a été regretté par de nombreux enseignants . Il conviendrait
donc, à défaut de pouvoir proposer un suppport plus sophistiqué,
d’inclure des illustrations ou d’indiquer des adresses internet
où les enseignants puissent télécharger des photographies.
Enfin, le temps d’animation des activités tel qu’annoncé
est souvent sous évalué. Il conviendrait d’indiquer
une durée d’animation de 20 à 30 minutes plutôt
qu’un quart d’heure.